Aurait-on pu croire un jour qu’un simple bâtonnet de pomme de terre frit dans l’huile puisse être autant disputé de part et d’autre de la frontière ? Pourtant, la frite suscite un débat des plus croustillants entre Français et Belges, chacun en revendiquant la paternité. Mais à quoi bon se friter, contentons nous de nous en régaler !

La frite, un mets nommé désir !

Un peu d’histoire : la frite, française ou belge ?

Les origines de la frite demeurent floues, Français et Belges défendant leur bout de gras avec leur propre version des faits. Pour les premiers, la frite aurait vu le jour au lendemain de la Révolution de 1789, aux abords du Pont-Neuf à Paris (d’où la fameuse frite “Pont-Neuf”) : elle était vendue pas les marchands ambulants aux côtés des marrons chauds et autres fritures. Pour les seconds, c’est bien plus tôt, au XVIIe siècle, et du côté de Namur qu’il faut aller chercher les racines de la divine pomme de terre frite. Lors d'un hiver particulièrement rigoureux, la Meuse étant gelée et donc la pêche impossible, les habitants remplacèrent leur menu fretin qu'ils avaient pour habitude de frire, par des morceaux de pomme de terre... frites.

La frite, un mets nommé désir !

Manger ses frites, toute une attitude !

Si la paternité de la frite demeure le mystère le plus complet, en revanche, une chose est certaine, sa consommation diffère de part et d’autre de la frontière. Dans l’Hexagone, on a pour habitude de manger ses frites à la fourchette, en accompagnement d’une viande ou d’un plat, et le plus généralement à l’heure du repas. Dans le Plat Pays, la frite est considérée comme un plat à part entière, qui se déguste à toute heure de la journée, souvent en cornet dans la rue, avec les doigts et trempées dans de la sauce ! "Nous, les Belges, avons fait de la frite un produit noble, pas un simple légume" (Albert Verdeyen, cuisinier et coauteur de l'ouvrage Carrément frites)*. Chez nos voisins, la frite est bien plus qu'un mets, c'est tout un symbole ! Et les très nombreuses baraques à frites ("fritkot"), qui font partie intégrante du paysage local, en sont la meilleure illustration. "Il y a 5 000 friteries et plus de 90 % des Belges y vont au moins une fois par an" (Bernard Lefèvre, président de l'Union des frituristes)*. Et le comble de la Belgitude ? La frite a désormais son musée à Bruges, le Frietmuseum, rien que pour elle !

© Frietmuseum

© Frietmuseum

Les secrets pour des frites maison réussies !

Alors, les meilleures frites au monde : belges ou françaises ? Et si la meilleure façon de mettre un terme à ce débat sans faim n’était pas de les préparer vous-même ? En suivant ces quelques petits conseils, c’est vous qui deviendrez le roi/ la reine des frites maison !

1- La variété de pomme de terre : optez pour une variété à chair farineuse, adaptée à la friture, comme la Bintje, l’Agria, l’Estima ou encore la Nicola (réservez vos pommes de terre Délicatesse pour une salade ou une poêlée !)

2- La graisse de friture : à vous de choisir votre camp ! En France, on les frit dans un bain d’huile neutre (tournesol), en Belgique, on ne jure que par la graisse de bœuf non raffinée (ou blanc de bœuf).

3- La préparation des pommes de terre :

- Peler et couper les pommes de terre au dernier moment ;
- Couper des bâtonnets de 1cm de section maximum. A adapter selon vos préférence, plus elles seront fines (« allumette », « paille »), plus elles seront grasses et moins leur cuisson sera longue ;
- Bien sécher les frites avant de les cuire : utiliser plusieurs torchons et/ou du papier absorbant. Des frites bien sèches, c’est l’assurance de frites bien croustillantes !

4- La cuisson : belge, deux fois ! Le secret des frites de nos voisins de l’autre côté de la frontière, c’est le double bain de friture pour des frites croustillantes à souhait. Le premier pour blanchir les frites et les cuire. Le second, après un petit temps de repos d’une vingtaine de minutes environ (indispensable) est l’étape permettant de les dorer.

© Frietmuseum

© Frietmuseum

En ce qui concerne la dégustation, natures, trempées dans une sauce, seules, en accompagnement, à la fourchette, avec les doigts… le meilleur conseil que l’on puisse vous donner, c’est d’écouter votre gourmandise !

Et pour vous donner la frite, terminons sur une bonne blague… belge bien sûr !

« Qu’est-ce qu’une pomme de terre pour un Belge ? Une frite sauvage ! »

 

* Source : Le Monde.fr

Pour aller plus loin : La véritable histoire de la pomme de terre frite

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